Si vous me suivez régulièrement sur les réseaux sociaux, vous n’êtes pas sans savoir que j’ai démissionné de mon travail de secrétaire il y a quelques semaines pour me consacrer totalement à mon métier passion : professeur de yoga.
J’ai eu envie de faire une rétrospective du pourquoi, comment, quand pour tout ceux.celles qui hésitent à leur tour à se lancer.
Alors prenez un thé, un chocolat chaud, un café et installez-vous bien, ça va être un peu long.
Commençons par le début.
J’ai été secrétaire médicale pendant sept ans et demi mais c’était, au tout début, un métier alimentaire. Il se trouve que quelque mois après mon arrivée dans la boîte, un CDI s’est libéré pour être secrétaire d’accueil. Ça faisait déjà quelques semaines que j’y allais de temps en temps pour des remplacements et ça me plaisait mais j’étais très réservée et j’avais peur que ça ne fonctionne pas sur le long terme. Lorsque ma collègue a posé sa démission, j’avais quelques mois pour me décider avant que le CDI soit officiellement proposé et finalement, ce métier s’est transformé en vocation. Pas tout à fait une passion mais j’étais à ma place et c’est tout ce qui comptait pour moi. Les résidents étaient adorables, j’avais beaucoup d’échanges avec eux, les familles étaient toutes plus gentilles les unes que les autres et m’encourageaient dans cette voie-là. L’ambiance entre collègues n’étaient pas au top mais j’y trouvais mon compte en me consacrant totalement à mon métier d’accueil. Pendant trois ans tout se passait plutôt bien.
Puis est arrivée 2020 avec le covid et tout ce qui s’en est suivi. La résidence a fermé ses portes au public pendant trois mois puis des visites programmées se sont mises en place. J’étais en binôme avec une des collègues avec qui je m’entendais le mieux pour gérer les plannings des visites (merci à elle pour ces moments passés qui ont été très compliqués mais qu’on a géré d’une main de maître) sur une période qui a duré quasiment deux ans. Ça a été une période vraiment dure, les gens n’avaient plus aucun respect envers nous, il n’y avait quasiment plus d’échanges, les résidents restaient dans leurs chambres et tout ce pourquoi j’aimais mon métier s’est effacé. Lorsqu’on a repris nos vies en 2022, c’était l’apocalypse de mon côté. J’étais au bord du burn out et je n’ai jamais retrouvé ce lien que j’avais avec les familles. Toutes les nouvelles entrées restaient généralement dans leurs chambres, les familles ne cherchaient plus d’interaction avec le personnel, c’était en total décalage avec le métier pour lequel j’avais signé.
Et c’est là que j’ai pris la décision de partir.
Je pratique le yoga depuis environ neuf ans et j’ai évolué ma pratique à l’été 2022 en rencontrant Marine et les filles du studio. Le yoga a toujours été une passion mais à ce moment-là c’est devenu bien plus. J’ai cherché à me challenger encore plus, à repousser mes limites et j’y ai trouvé un monde qui m’a séduite. Je m’y sens moi-même, en sécurité, à l’aise. Même les fois où je sors de ma zone de confort, j’ai confiance. J’avais très envie de, à mon tour, transmettre tout ce que j’avais appris et tout ce que le yoga m’avait apporté.
L’enseignement a toujours fait partie de moi, petite je voulais être prof de piano comme ma mère puis je me suis tournée vers l’anglais, passion que je partageais avec mon père. J’ai d’ailleurs donné des cours de soutien pendant un été et j’adorais ça, voir l’étincelle de compréhension dans les yeux de mon élève, sentir que je pouvais transmettre ma passion et lui faire aimer cette langue. Lorsque des copines m’ont demandé de leur apprendre sirsasana, l’équilibre sur la tête, j’étais surprise de la faciliter avec laquelle les mots me venaient pour décrire un mouvement et j’ai pu retrouver cette étincelle de compréhension et d’intérêt dans leurs yeux.
C’est comme ça qu’en janvier 2023, je me suis inscrite pour suivre une formation pour devenir prof de yoga. J’ai longtemps hésité et c’est le jour où ma binôme de travail m’a dit “mais qu’est-ce qui te retient au juste?” que je me suis rendue compte que c’était finalement le moment, j’étais prête.
J’ai suivi une formation en ligne parce que je ne pouvais pas me permettre de m’absenter trois semaines pour suivre un réel YTT mais j’ai tout de même validé mes 200H. A force d’apprentissage auprès d’autres profs, de nez plongé dans les bouquins, d’éducation par moi-même sur tout support que je pouvais trouver, d’entraînement à donner des cours aux copains, j’ai fini par me sentir prête pour passer ma certification et en ressortir avec un diplôme en poche.
La suite de l’histoire, vous la connaissez : j’ai travaillé pendant six mois en tant que secrétaire et prof de yoga, à jongler entre les deux. Je commençais à sentir l’épuisement que ça entraînait et le travail de secrétaire me plaisait de moins en moins. Je voyais le décalage entre ma passion et mon obligation et je n’arrivais plus à suivre. J’ai donc pris la décision de démissionner en mars dernier, après avoir pris les dispositions nécessaires et réfléchis intensément à tout ce que ça impliquait financièrement, entre autre.
J’ai sauté d’une falaise en ayant peur de l’atterrissage mais je peux déjà vous dire, quelques semaines après ce changement de vie que c’est la meilleure décision que j’ai pu prendre. Je me sens libérée d’un poids, j’ai retrouvé le sommeil, ma créativité n’a jamais été aussi intense que maintenant, et, plus que tout, je me sens épanouie.
Pour la petite anecdote, le lendemain du jour où j’ai posé ma démission, j’ai reçu un appel pour donner des cours supplémentaires en mai et je me suis dis que c’était écrit et que toute chose arrive pour une raison. J’ai plus de temps dans ma semaine pour pouvoir accepter plus de projets et proposer plus de cours et/ou évènements. Et ça me rend heureuse.
Alors, si tu as un projet, un rêve qui te semble accessible et réalisable mais que tu hésites encore, que tu trouves mille excuses pour repousser toujours l’échéance, c’est peut-être ton signe d’enfin te lancer.
J’ai eu beaucoup de soutien de mon entourage, ce qui a contribué à porter mon projet. Je me suis aussi beaucoup bougé les fesses, pour rester polie, pour ne pas reculer et trouver encore une autre excuse pour ne pas franchir le pas.
Mais tu peux le faire. Crois-moi, si j’ai réussi, il n’y a aucune raison que tu ne puisses pas sauter à ton tour de ta falaise. Sois courageuse, respire un grand coup et saute. J’ai toujours considéré que je préférais avoir des remords plutôt que des regrets et si, dans le pire des cas, ce rêve finit un jour alors je serais au moins heureuse d’avoir essayé pendant quelques temps. Et puis, dans le meilleur des cas, ce projet peut devenir ta vie et tout changer.
Scared? Good ! We don’t grow when we stay inside our comfort zone.
Nelly🫶🏻

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