J’ai une obsession sur mon âge et le temps qui passe qui remonte d’aussi loin que je me souvienne. Cette peur de vieillir, au point de me faire tatouer never grow up sur l’omoplate quand j’ai atteint la majorité. Cette peur de vieillir, qui me guettait chaque année et me donnait envie de rester au fond de mon lit le jour J.
J’ai compris il y a peu que, finalement, en prenant du recul, grandir et vieillir pouvaient aussi être une bénédiction.
On apprend, on s’assagit et plus que tout, on se connaît.
Arriver dans la trentaine me paraît soudainement bien plus sympathique que l’entrée dans la vingtaine qui est faite de trop d’équations inconnues.
Mon entrée dans la vingtaine s’est faite brusquement, j’étais une boule d’angoisse vivante, complètement perdue, avec quinze kilos de moins et une recherche d’approbation d’autrui très – trop – importante. Je contrôlais tout ce que je pouvais, j’angoissais pour des broutilles, bref, on a connu mieux.
Et puis, je suis quelqu’un de plutôt casanier et introvertie – j’ai appris que bien plus tard qu’avec le bon entourage, ces deux termes n’étaient pas du tout négatifs et pouvaient évoluer – et c’est rarement compatible avec une vie d’étudiante socialement acceptable.
Ma seule constante pendant ma vingtaine aura été mon amoureux qui a survécu à mes humeurs et a été d’une patience infinie pendant tout mon processus pour être enfin bien dans ma peau.
J’ai donc passé la première moitié de cette décennie perdue et j’ai passé la seconde moitié à me retrouver. Dans mon processus de guérison, j’ai consolidé les liens que j’avais avec les personnes qui me sont chères, j’ai délié des liens qui m’entravaient et j’ai fait du tri dans mes intentions, mes relations, mes rêves pour n’en garder que le meilleur. Je me suis affirmée, j’ai pris confiance en moi, je me suis lancée dans un rêve qui s’est réalisé, j’en ai d’autres qui attendent leur tour – mais chaque chose en son temps. J’ai appris la patience, j’ai appris à ressentir mes émotions, à les accepter et ma dernière crise d’angoisse remonte à des mois. Je me sens apaisée et c’est ce sentiment que j’ai cherché très longtemps avant de comprendre qu’il fallait accepter et lâcher prise avant de pouvoir se sentir complètement apaisée.
Bien sûr, il y aura des jours plus gris que d’autres mais maintenant je sais les gérer, je sais les comprendre et les accepter. L’expérience change tout dans la façon de vivre les choses.
J’arrive donc à mes 30 ans avec un calme que j’étais loin d’éprouver il y a encore quelques jours. Mais j’ai eu une illumination la semaine dernière :
J’ai le temps.
J’ai le temps. Vraiment.
J’arrive à mes 30 ans avec des clés que je n’avais pas à 20.
Avec un état d’esprit positif et confiant, je suis sûre de moi et j’ai confiance en l’avenir.
Je suis si bien entourée de mon amoureux, ma sœur, les copains.
J’ai un métier de rêve qui va bientôt devenir mon activité principale.
Je suis heureuse.
Et puis, une personne qui m’inspire m’a dit il y a quelques jours :
Plus tu grandis, plus tu peux manger de chocolat sans avoir à te justifier.
Alors bienvenue à ma moi de 30 ans, je t’accueille à bras grands ouverts et je suis prête pour cette nouvelle décennie et tout ce qu’elle a à m’offrir 🤍
Nelly✨

Leave a comment